mercredi 19 septembre 2007

j'ai vu une femme qui montrait ses seins tout en gardant ses lunettes !


si, c'est vrai, je le jure

situons le contexte

samedi dernier, le soleil étant au rendez-vous, je propose aux membres qui composent ma trop nombreuse famille une descente à la plage
acquièsement général, même si celui de la matrone reste consensuel & irrémédiablement lié à l'enthousiasme affiché par ses mioches

une victoire sans combatre, c bon à prendre, me dis-je

nous voilà partis, après de toujours trop long préparatifs, supputant sur les bienfaits d'un soleil tardif & anonant en rythme & de concert sur les sucreries pops de mika

à l'arrivée, la crispation est de mise...
il s'agit, harnaché de la poussette, du sac de plage & du sac des jeux de plage, de résister à l'appel du vide : le petit coin de paradis se trouve au bout d'un raidillon dont le dévers ferait passer les pentes de l'everest pour un gentillet chemin de halage

les pieds dans le sable, je reprends de ma superbe
aussitôt le cul posé sur ma serviette, je me retrouve, derrière mes polaroïdes, à panoter lentement, afin de comptabiliser le nombre de cibles potentiellement matables, activitée qui remplira l'essentiel de mon après-midi

inutile de préciser que j'ai gardé mon pantacourt & mon t-shirt
je n'achète plus de maillot de bain : j'ai en effet totalement abandonné l'idée de me baigner dans l'océan atlantique ; on verra ça quand le réchauffement de la planète aura eu des conséquences avérées

& pour le t-shirt, comment dire, eu égard à mon âge avancé, mes abdos ne sont plus ce qu'ils étaient...

soyons clair, les seuls accessoires indispensables pour un homme à la plage sont ses lunettes de soleil
je les considère comme mes bienfaitrices, voire au sens propre comme des saintes nitouches

bien sûr pour tromper l'ennemi, je me saisis d'un livre alibi

& je mate

trois heures durant je ne vais faire que ça, ou presque

j'apprécie bien sûr aussi le bruit du ressac, la chaleur du soleil sur le peu de peau que j'expose & un minimum de la prose de l'auteur que je suis sensé lire

mais l'essentiel consiste à goûter le galbe d'une cuisse, la fermeté d'un sein ou la rondeur d'un cul, tout ça tranquillement & sans grossièreté derrière l'écran noir de mes besicles

deux jeunes femmes, forcément jeunes (quel monde cruel), retiennent plus particulièrement mon attention : l'une pour sa joliesse & l'autre pour sa vulgarité